En finir - ou pas - avec la nature ?
Patrick Dupouey, philosophe
Guillaume Lecointre, modérateur - MNHN - conseiller scientifique du festival
Une analyse de certaines représentations communes et récurrentes de la nature (par exemple « La nature, ça n’existe pas »). En quoi ces évocations sont discutables, voire fausses, mais aussi probablement inutiles, voire nuisibles à la réflexion écologique.
En finir - ou pas - avec la nature ?
Patrick Dupouey, philosophe
Guillaume Lecointre, modérateur - MNHN - conseiller scientifique du festival
Une analyse de certaines représentations communes et récurrentes de la nature (par exemple « La nature, ça n’existe pas »). En quoi ces évocations sont discutables, voire fausses, mais aussi probablement inutiles, voire nuisibles à la réflexion écologique.
Pour aller plus loin, dépasser ce concept permet de produire des connaissances bien plus justes. La « nature » sous-entend souvent une fixité des traits, alors que le vivant est fondamentalement plastique et relationnel. L'exemple des enfants loups, brillamment analysé par la philosophe Lucien Sève (notamment à travers le cas de Victor de l'Aveyron), le montre parfaitement : même une disposition physique comme la bipédie, que l'on croit purement "naturelle", ne se développe pas sans une interaction sociale et culturelle précoce.
De même, la digestion du lactose à l'âge adulte prouve que la biologie n'est pas figée : cette mutation génétique est le produit direct de pratiques culturelles (l'élevage laitier sur des millénaires) qui ont rétroagi sur notre propre organisme. Il n'y a pas d'un côté la nature et de l'autre la culture, mais un co-engendrement permanent. Merci pour cette vidéo qui aide à déconstruire nos vieux prismes !